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Le japonais Yasuhiro Chida expose au Pont du Gard

Dernière mise à jour : 1 juil.

En partenariat avec le Pont du Gard, L'échangeur 22, et le département du Gard, l'artiste japonais Yasuhiro Chida signe une exposition d'installation lumineuse dans les salles noires du Pont du Gard. L'exposition "Light as space" étonne le spectateur par sa dimension sensorielle.


Yasuhiro Chida Light as space Pont du gard

Bien sûr, Yasuhiro Chido est un artiste de la lumière, light artist comme on dit. Mais ce serait résumé son travail à bien peu de chose. Et pour cause, ce qui frappe face aux structures crée pour l'occasion, c'est notre réaction face à la mobilité ou l'immobilité. Ce questionnement d'une grande force contemporaine. Le visiteur est confronté à un changement de paradoxe : le monde que je connais ne bouge plus au même rythme, les formes sont nouvelles et les repères temporels absents.

Quand les grandes lignes frissonnent sans que l'on s'y attende, le résultat de l'artiste est au rendez-vous : nous imposer une perte de repère.








Tel un architecte, ses structures lumineuses imposent une géométrie dans laquelle nous sommes obligés de nous (re)placer. Mais tout change lorsque je me déplace et que la lumière donne à voir autre chose. Accentuée par l'aspect constellaire des installations, la lumière nous fait apparaître une voie lactée. Déambulant de salle en salle, le fil continu est celui de la musique composée pour l'occasion par Asako Miyaki. Déambulant de salle en salle, les pièces plongées dans le noir semblent infinies.


Un refuge pour ceux qui acceptent


La fascination est véritablement abyssale parce qu'elle métamorphose notre perte de repère en contemplation. C'est là que se joue le tour de Yasuhiro Chido. L'artiste japonais nous offre un refuge contre le monde extérieur devenu trop mouvant. Refuge qui existe seulement si le spectateur fait le choix d'accepter cette nouvelle réalité. Il faut commencer par accepter un certain inconfort temporaire pour accéder à l'initiation proposée.

L'ensemble forme une enveloppe avec laquelle chaque structure nous place face à une décision, celle de l'acceptation. Accepter de ne pas tout voir, accepter de ne pas contrôler les mouvements, accepter que la goutte tombe sans que l'on puisse maitriser le moment. Ce ne sont plus les lignes de lumière qui frisonne, c'est nous. Cette déstabilisation, c'est l'accès à une initiation offerte par l'artiste : contempler plutôt que maitriser.


Signe de notre époque, la méditation parfois pratiquée est souvent incomprise. Nous autres occidentaux sommes face aux œuvres d'art comme des trublions impatients. Incapable de regarder sereinement sans intellectualiser. Pourtant, l'artiste décide de nous guider.

"Quand le transparent pénètre le tangible ", sous-titre de l'exposition, annonce une chose cruciale "cela vous échappera"

L'artiste nous offrirait-il une réponse à l'anxiété d'aujourd'hui ?


Yasuhiro Chida "Light as space" au Pont du Gard
L'exposition se tient jusqu'au 15 novembre au pont du Gard, site du pont du gard

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